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Jean-Marc Siméonin – « Créations en Limousin » : Dessins, peintures, estampes, émaux

28 June 2019 - 17 July 2019
Merariá – Mairie, Parc du Boucheron, Bòsc Mian – Bosmie-l’Aiguille (87)

« Créations en Limousin » peut sembler un titre bizarre pour une exposition alors que notre « région » vient d’être rayée de la carte.

Affirmer une identité « régionale », « provinciale » alors qu’on ne parle plus que de « territoires » et que les national-populismes imbéciles et criminels surgissent un peu partout est presque une provocation !

Être limousin, qu’on le veuille ou non, c’est naître et habiter, ou habiter, vivre dans cet endroit sans littoral, sans montagne, sans métropole qu’on reconnaît pourtant, qui a une indéniable identité.

Je suis né et j’ai passé ma vie ici, je n’ai pas à en être fier mais je n’en ai pas honte non plus.

Créer en Limousin, c’est dessiner, peindre, graver, émailler ici et c’est aussi ne pas oublier que mes grand-parents parlaient « en limousin » (et en français aussi bien sûr). Leur langue maternelle que certains s’obstinent encore à appeler « patois » était ce nord occitan, ce limousin qui fut la langue des troubadours, de la première splendeur littéraire en Europe.

Le XXe siècle, paradoxalement, a été celui de la renaissance et de l’agonie de la culture limousine.

Jamais, et malgré la disparition inéluctable des locuteurs et des lecteurs, la littérature en limousin n’avait produit de telles merveilles.

L’immense poète Marcelle Delpastre le dit dans son poème L’Aubre vielh :

… « queu pais que laissavan per mòrt… jamai, vengut l’estiu, n’avia balhat tant de fuelhas, ni de flors tant perfumadas » (ce pays qu’on laissait pour mort… jamais, l’été venu, il n’avait donné tant de feuilles, ni des fleurs si parfumées).

Depuis 40 ans, j’illustre les poètes de cette langue limousine, depuis 40 ans, mon ami Jan dau Melhau (écrivain lui-même) et l’Institut d’Estudis Occitans dau Lemosin s’évertuent, contre vents et marées, à publier ces auteurs qui atteignent l’universel parce qu’ils n’ont pas renié leurs profondes racines. L’exposition est un modeste hommage à ces créateurs. Leur littérature m’a nourri et je me suis aussi servi de cette langue pour « illustrer » mes propres productions. Dessiner, c’est poser les questions sans réponses que nous avons tous dans la tête et les titres ou les sentences limousines de mes gravures déroutent, amusent ou aident… c’est à chacun de construire son histoire.

Ma « limousinité » n’est pas fermée et l’Espagne m’a aussi accompagné toute ma vie (il y a tout un peuple de « meninas », de « gitanas », de « caballeros », de « monstruos » dans mes estampes !).

Depuis presque 40 ans, le jumelage avec Pedralba m’a fait comprendre cette Espagne authentique et problématique qui n’est pas trop présente à l’université et cette exposition est aussi un modeste hommage à Bosmie-l’Aiguille !

Je suis limousin, je n’y peux rien mais ça me plaît bien !

Jean-Marc Siméonin

> Exposition visible du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30. Fermé le dimanche.
> Visites commentées par l’Artiste samedis 29 juin et 6 juillet de 14h30 à 17h30.
> Entrée libre et gratuite.

Per ne’n saubre mai – Renseignements

Mairie – 05 55 39 00 49