Institut d'Estudis Occitans
Label Òc per l'Occitan

Olivier Peirat



Olivier Peirat, se définit comme musicien occitan dau Lemosin, terre où il vit et qui nourrit l’eime (l’esprit) de sa musique.

Il dit volontiers jouer et chanter les couleurs du pays auquel il se sent lié, pour y dialoguer avec des styles de musiques différents qui ont en commun un même substrat, chantant ainsi, la lyrique desTrobadors, jouant les musiques populaires traditionnelles et contemporaines, ornementant son jeu par sa connaissance du répertoire arabo-andalou, l’émaillant d’influences méditerranéennes et orientales, jonglant avec la liberté de l’improvisation.

Depuis de nombreuses années, il est complice du chanteur occitan Bernard Comby, et partage également la générosité musicale de bien d’autres musiciens tels que Jan dau Melhau, (concert de Trobadors), Jean-Marc Delaunay (musiques traditionnelles à danser), Didier Jean (musiques électroniques), rejoint, à l’occasion d’événements musicaux liés à la lyrique occitane, le « Troubadours Art Ensemble » dirigé par Gérard Zuchetto…

Il a participé à la création de concerts pour les Trobadas (co-)organisées par Carrefour Ventadour : autour de Bertran de Born en 2009 (avec Maurice Moncozet, Mick Rochard et Michel Haze), de Gaucelm Faidit en 2010 (avec Maurice Moncozet et Jan dau Melhau), de Arnaut Daniel en 2012 (avec Yannick Guédec et Michel Haze) .

Il contribue aussi à l’enregistrement de « La Tròba », anthologie chantée des Troubadours, initié et conduit par Gérard Zuchetto.

’Nar e tornar entre los segles XII e XXI

Le premier mystère des troubadours, c’est sans doute l’obstination avec laquelle ils hantent le monde moderne : au lieu de se contenter de se tenir sagement à leur place, comme leurs confrères trouvères, les poètes de la France du Nord, bien tranquilles sur le papier glacé des pages de l’histoire littéraire, les troubadours ne tiennent pas en place et ne cessent de poser des questions ou de proposer des solutions qui concernent d’autres âges que le leur : mais de quel droit empiètent-ils sur la Divine Comédie ? Que vont-ils donc faire dans le Decaméron ? Pourquoi, lorsque Aragon réfléchit à la forme d’une poésie de la résistance va-t il chercher ses leçons auprès du maître de Ribérac ? Pourquoi les théoriciens de la poésie formelle trouvent-ils chez eux leurs meilleurs exemples ? Comment expliquer que tel groupe de rappeurs intègre dans une de ses chansons une strophe du premier troubadour connu ? En un mot, pourquoi les troubadours refusent–ils d’être lettre morte ? (Gérard Gouiran, Revue Europe)

Il est communément admis que la canson des troubadours était un art lyrique complet : paroles et musique. Dans une de ses chansons,Pax in nomine domini, Marcabru affirme qu’il a fait les paroles et la mélodie : « Fetz Marcabrus los motz e.l so ». De même, Arnaud de Tintinhac n’est pas en reste et conclut une de ses poésies par les trois tornadas suivantes :

« Bos es lo vers, e chantador e volgra bon entendedor –
Per Dieu, bels clercs, tu lo m’escriu !

Trametrai lo a la gensor qu’anc jagues de sotz cobertor, per cui ieu chant e van e piu.

De Tintinhac ac la valor qui fes lo vers nominatiu. »

Les propositions de spectacle d’Olivier Peirat :

« Trobador solet »

Chants e musicas daus trobadors – Trobadors, poetas e musicaires daus segles XII e XIII de lenga occitana

Chant, vielle-à-roue, oud, harmonium du Pakistan, oudou.
Concert en acoustique.

Un concert d’1h15 à 1h30, en occitan, où se mêlent voix et instruments, avec présentation des troubadours, des textes et contextes en français.

Une invitation à voyager dans l’espace et le temps, dans les cours occitanes mais aussi d’Europe, durant une période d’environ 200 ans s’étalant sur les XIIe et XIIIe siècles.

Vous y entendrez des poètes limousins, bien sûr, Bernat de Ventadorn, Gaucelm Faidit, Arnaud de Maruèlh, Bertran de Born, Arnaut Daniel…, mais aussi leurs compères méridionaux, Ponç de Capduel, Albertet de Sesteron, Folquet de Romans, Peire Vidal, Guiraut Riquier…

A ! tantas bonas Chançons …

« Bernart de Ventadorn »

Concert dédié au plus célèbre troubadour limousin, crée pour la « Trobada Bernart de Ventadorn » des 9 et 10 septembre 2016 à Darnets (19).

Isabelle Bonnadier : chant, percussions, harmonium
Louis Soret : chant, vièle, clarinette, flûtes
Olivier Payrat : chant, ûd, vielle-à-roue

→ Ne’n saubre mai sus ’queu concert

« Bertran de Born »

Concert dédié au troubadour et seigneur de Hautefort, créé à l’occasion de la « Trobada Bertran de Born » organisée à Hautefort (Dordogne) les 26-27 juin 2009 par l’association Carrefour Ventadour.

Michel Haze : percussions
Maurice Moncozet : chant, flûtes, chalèmie, saz, rebec
Olivier Payrat : chant, ûd, vielle-à-roue
Mick Rochard : vièle à archet, ûd, saz, guiterne, nay, cornemuses
Luc de Goustine : récitant

Des musiciens passionnés de l’œuvre des troubadours proposent un concert entièrement dédié à Bertran de Born, seigneur de Hautefort, personnage haut en couleur qui mit toute sa passion de cantador au service des causes politiques et guerrières de son temps.

Bertran de Born nous a laissé 45 chansons, dont seulement trois cansons d’amour parmi les « sirventès », poèmes de combat, satires, imprécations, qui lui valurent la réputation d’un boutefeu, semeur de discorde. Mais comment ce seigneur aurait-il pu demeurer impassible à l’écart des tourments et querelles de ses voisins vicomtes, du roi Plantagenêt, de ses trois fils et de leur ineffable mère, Aliénor ?

La question de l’interprétation des sirventès reçoit ici enfin une réponse cohérente : les manuscrits ne restituant de musique qu’à quatre morceaux, il s’agissait de faire un juste usage du procédé traditionnel de contra factum – utilisation de mélodies d’autres troubadours, pratique courante au Moyen Âge – pour rendre aux autres chants la vie qu’ils eurent en leur temps.

Ce concert permet donc d’entendre quelques-unes des poésies, connues et moins connues, de Bertran, de mesurer la vigueur de son verbe et de mettre en lumière la complexité du personnage, hardiment engagé dans son temps, autant dans sa vie politique que sentimentale.

→ Ne’n saubre mai sus ’queu concert

« Gaucelm Faidit »

Concert dédié à Gaucelm Faidit, trobador dau Lemosin, créé à l’occasion de la « Trobada Gaucelm Faidit » organisée à Uzerche (Corrèze) les 25-26 juin 2010 par l’association Carrefour Ventadour.

Jan dau Melhau : chant, derbouka, harmonium
Maurice Moncozet : chant, rebec, nay
Olivier Payrat : chant, luth, vielle-à-roue

Peu de Troubadours nous ont laissé un chansonnier aussi considérable : plus de soixante dix pièces dont quatorze ont leur musique.

En outre, le pays d’origine de Gaucelm Faidit et sa vie de voyageur ajoutent encore à son intérêt. Limousin, probablement d’Uzerche, il a sa place dans la série des poètes qui, d’Ebles de Ventadorn à Elias de Barjols, firent rayonner la science courtoise et l’art du Trobar de la Haute Aquitaine sur toute l’Occitanie. Dans cette longue lignée limousine, il se range parmi les troubadours itinérants, les poètes musiciens grands voyageurs qui, à partir des hautes terres limousines, firent rayonner leur art de l’Angleterre au Levant, de la Bretagne au cœur de l’Italie, du royaume de Léon à la Hongrie.

Sont mis en exergue des textes moins connus, qui n’ont pas leur musique, employant ainsi à sa juste valeur l’art du contrafactum [1], sans oublier les incontournables…

Ainsi, par le choix des textes tirés du corpus de Gaucelm Faidit, par les compositions musicales et leur interprétation, ce concert permet de mieux appréhender la réalité des voyages de Gaucelm et, plus généralement d’apprécier son œuvre, en respirant un peu l’atmosphère de son époque.

→ Ne’n saubre mai sus ’queu concert

« Arnaut Daniel »

Concert dédié à Arnaut Daniel, autre grand troubadour, créé à l’occasion de la « Trobada » co-organisée à Ribérac (24) les 29-30 juin 2012 par l’association Carrefour Ventadour.

Olivier
 Payrat :
 chant,
vielle-
à-
roue,
 oud, cornemuse
Yannick 
Guédec : chant, piano,
 fifre,
 mélodica.
Michel
 Haze : 
percussions

Arnaut Daniel,

« … Qu’a sa vida ben non chantet,
Mas us fòls mots qu’om non enten.
Pois la lebre ab lo buòu chasset
E contra suberna nadet,
Non val sos chants un aguilen… »

(Arnaut Daniel, …Qui de sa vie n’a bien chanté, / Sauf sur de folles paroles que nul n’entend. / Depuis qu’il a chassé le lièvre à l’aide du boeuf, / Et nagé à contre courant, /Son chant ne vaut pas une baie de grattecul…)

Trois musiciens relèvent le défi de chanter, eux aussi, « à contre courant », les folles paroles de celui que le Monge de Montaudon traite de « poil-à-gratter » dans sa célèbre poésie des caricatures.

Il s’agit de passer outre la renommée paradoxale de ce grand troubadour, pour donner à entendre sous un jour nouveau son oeuvre qui se compose de dix-huit chansons dont deux seulement ont conservé leur musique.

Les thèmes évoqués sont essentiellement amoureux sinon érotiques, et Arnaut Daniel serait l’inventeur de la sextine, chef-d’oeuvre de virtuosité formelle et de provocation…

→ Ne’n saubre mai sus ’queu concert

Obrador de « musica vegetala »

Olivier Payrat fait découvrir dans ses ateliers une musique crue, au goût d’oignon, d’herbes amères… Un autre paramètre : la saveur !

Concerts pedagogics e obradors de chant dins las escòlas

E maitot…

→ Chantadors de Trobar : ensemble et concert à retrouver sur Art-Troubadours.com
→ Duo Comby-Payrat 
→ Trio Payrat-Delaunay-Gallet
→ Duo Melhau-Payrat

Ne’n saubre mai

  • Escotar :

> CD démo Eschantits – Piano & chant limousin (4 titres), Prod. CRMTL / IEO Lemosin / La Chabarada, 1998.
> CD Eschantits, Prod. IEO Lemosin, 2006.
> CD Bertran de Born (trobador et seigneur de Hautefort), Prod. Tròba Vox, 2009.
> Coffrets CD La Tròba 4 & 5 (anthologie chantée des troubadours), Prod. Tròba Vox, 2010/2011.
> CD Le troubadour Arnaut Daniel, Prod. Tròba Vox, 2013.

→ ’Chaptar

  • Visar :

> DVD Eschantits, Prod. IEO Lemosin-Télé Millevaches, 2008.

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[1] utilisation de mélodies appartenant à d’autres auteurs, pratique courante à l’époque des Troubadours